Pianos Magne
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mécanique Pleyel "à peigne"

mise à jour mercredi 8 septembre 2021

1. Les mécaniques à répétition Pleyel

Depuis le début du XXe siècle, jusqu’aux années quarante, Pleyel a utilisé pour ses pianos à queue une mécanique à répétition qui lui était propre. Elle se distinguait des mécaniques courantes par des chevalets de plus petite dimension sur lesquels le levier de répétition était commandé par un ressort hélicoïdal, un montage des marteaux par travées sur un axe commun, maintenu par un peigne de laiton (on parle souvent de mécanique à peigne), et la présence d’une noix de bois et d’un nez garni de cuir à la place du rouleau habituellement utilisé sur la plupart des manches de marteaux des autres fabricants.
La première génération a été fabriquée au sein de la manufacture Pleyel.

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reportage Agence Meurisse, Paris, 1913 - BNF - Bibliothèque nationale de France

Pendant la première moitié du XXe siècle, les mécaniques Pleyel pour pianos à queue ont évolué plusieurs fois.

première version de la mécanique (Pleyel modèle 1bis de 1903)
La rechute se règle au moyen d’un "T" accessible sous le sommier des marteaux ; le ressort du levier de répétition est hélicoïdal

première version de la mécanique (Pleyel modèle 3 de 1906)
Avec un châssis différent et des rapports modifiés, les principes de fonctionnement sont identiques

première version de la mécanique (Pleyel modèle 3 de 1920)
on constate que Pleyel ne conservait pas une version figée de ses ensembles clavier/mécanique ; sur un même modèle (le demi-queue modèle 3), et suivant les mêmes principes mécaniques, les rapports de bras de levier ont été modifiés, ainsi que les supports et sommiers du châssis de mécanique. Le châssis de cette mécanique porte la date 1913.

évolution de la mécanique (Pleyel modèle F de 1928)
 ajout d’une vis de réglage fin du niveau du levier de répétition, et d’une platine de bois sur le réglage du ressort de répétition

mécanique d’un Pleyel modèle F de 1931
identique à la précédente ci-dessus

vue du peigne de laiton

une mécanique de 1927 restaurée

2. Deuxième génération de mécaniques à répétition Pleyel

Au milieu des années trente, Pleyel a utilisé un nouveau chevalet, proche des chevalets Schwander, avec un ressort similaire à celui des autres mécaniques, abandonnant le ressort hélicoïdal, tout en conservant le bâton d’échappement et les noix de marteaux utilisés depuis les années 1900, ainsi que les peignes de laiton.
Des vis de rechute conventionnelles ont été adoptées.

mécanique d’un Pleyel modèle F de 1936

la même, vue de dessus

3. Une variante de la fin des années vingt

Ce Pleyel F de 1929 possède une mécanique à chevalets Schwander d’un modèle encore différent, et un montage particulier des marteaux, toujours sur peigne, dans lequel les nez habituels chez Pleyel ont été remplacés par des rouleaux.

Ainsi, Pleyel était alors toujours en recherche d’une amélioration ou d’une modification de sa mécanique. Ce modèle particulier constitue-t-il un cas isolé ou y a-t-il eu plusieurs pianos ainsi équipés pendant quelques années ? Nous ne le savons pas.

mécanique avec rouleaux d’un Pleyel modèle F de 1929

4. Un montage différent pendant les années de guerre

Dans les années quarante, Pleyel a temporairement monté des marteaux sans peigne, utilisant des olives spécifiques, permettant de conserver le même principe de réglage des échappements que sur ses systèmes à peigne antérieurs. Le chevalet utilisé est dérivé des modèles Schwander conventionnels, tel qu’utilisés sur d’autres pianos à queue de la première moitié du XXe siècle. Les manches de marteaux utilisent une noix de plus petite dimension et un nez aux proportions semblables à celle d’un classique rouleau.
Nous avons vu deux pianos ainsi équipés, datant de 1944 et de 1945.

mécanique sans peigne d’un Pleyel modèle F de 1944

vue des olives spécifiques à cette génération de mécaniques Pleyel

5. Les mécaniques à peigne d’après-guerre

Les pianos à queue Pleyel d’après-guerre comportent toujours ce chevalet modifié, mais Pleyel adopte à nouveau le montage des marteaux sur des peignes, conservant les noix et manches des années quarante.

mécanique Schwander d’un Pleyel modèle F de 1953

mécanique Schwander d’un Pleyel modèle F de 1957

vue du montage des marteaux sur peignes

6. Dernière génération après la fin de l’indépendance de Pleyel

Lorsque Pleyel perd son indépendance, (voir ici), lors du regroupement avec Érard et Gaveau en 1961, les dernier Pleyel F, et probablement d’autres modèles, utilisent une mécanique Schwander et un clavier conventionnels et abandonnent les spécificités propres aux mécaniques Pleyel. Il faut préciser que dans le même temps, Schwander Paris a fermé en 1954, et que le stock de mécaniques spécifiquement produites par ce fabricant pour Pleyel est épuisé.

mécanique Schwander conventionnelle sur un Pleyel F de 1965